Jean-Louis Barrault (1910-1994) . . |
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Les plus grandes leçons que l’on peut recevoir dans son art, c’est dans les arts voisins qu’elles existent. Que de leçons de diction j’ai reçues de la musique. Le silence m’a été enseigné par la peinture. Jean-Louis Barrault, « L’acteur : « athlète affectif » », conférence improvisée à la Sorbonne, 1953, reproduite in Cahiers Renaud-Barrault, n°29, 1960, p.94.
Dès que l’on chausse un masque, le fantastique apparaît. La perception se modifie selon l’inclinaison des vertèbres, tout le corps devient visage et sensibilité. Au lieu de regarder avec les yeux, on regarde avec les deux seins. On respire avec le nombril, le ventre ; les bras aux mains déployées tiennent lieu d’oreilles, les genoux deviennent mâchoires, et qu’est-ce que le sexe, sinon une bouche ? L’homme masqué redevient un être biologique, il régresse au stade où les sexes sont encore indifférenciés. Jean-Louis Barrault, « Le visage et le corps », in Le Masque. Du rite au théâtre, études réunies et présentées par O. Aslan et D. Bablet, Paris, CNRS Editions, coll. Arts du spectacle, 1985, réimp.1999, p. 181. |
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