Alban Berg

(1885-1935)

né à Vienne le 9 février

mort

 

Au début du XXe siècle, le système tonal atteint un état d’épuisement et de saturation. Face à ce constat, la Seconde École de Vienne, constituée d’Arnold Schoenberg et de ses disciples Alban Berg et Anton Webern, poursuit le mouvement amorcé par le romantisme allemand : abandon de la tonalité et élaboration de nouvelles techniques de création.

Dès son adolescence, Berg déclare deux passions : la poésie et la musique. En 1904, il rencontre Arnold Schoenberg. Fasciné par
Woyzeck de Georg Büchner, Berg reprend cette intrigue pour son premier opéra, Wozzeck (1925). En 1928, il entreprend l’écriture d’un nouvel opéra, Lulu, qu’une mort prématurée l’empêche d’achever. Il s’éteint le 24 décembre 1935.

Lulu est le deuxième et dernier opéra d’Alban Berg – et l’un des ouvrages essentiels du XXe siècle. Le compositeur le laissa inachevé, ne se décidant pas à faire son lit de mort à sa sidérante et magnétique héroïne. Inspiré par deux des tragédies-monstres de Wedekind, l’enfant terrible du théâtre allemand, c’est peu dire que Lulu était alors dans l’air du temps : ce personnage de femme fatale et femme-enfant, à la fois proie et prédatrice, inspiratrice et victime du désir des hommes, est un des mythes de la littérature fin de siècle, aussi bien en Allemagne qu’en France où Wedekind l’a conçu, fréquentant les cabarets et le cirque. Berg mit en musique son mystère comme sa folie, composant une irrésistible course à l’abîme, jouant avec tous les codes de l’opéra, et réunissant autour de ce sphynx paradoxal une éblouissante galerie de portraits, de la miséricordieuse Comtesse Geschwitz à Jack l’Eventreur. Créé inachevé en 1937, deux ans après la mort de Berg, Lulu fut complété par le compositeur autrichien Friedrich Cerha et la version en trois actes créée en 1979 à l’Opéra de Paris.

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